Je la couvre de baisers, palpitant d'une joie sombre,
Je la serre, contre ma poitrine oppressée,
Mon visage inondé de sueur, ma voix s'arrête, dans ma gorge,
Le jour tremble devant mes yeux.
Quand son regard fut fixé tendrement sur le mien :
— Oublies-tu, mon amour, dit-elle, que ma beauté n'est plus ?
Votre état de tristesse, s'enflamme et frémit d'amour. Enfin adieu !
Nos deux corps ont leurs enveloppes mortelles et seront séparés à jamais.
Tu ne vis plus d'amour Laure ; jamais plus tu ne vivras ;
Le ciel du destin a trahi la foi d'espérance que tu m'avais jurée.
Alors, voulant crié dans ma détresse, dans une déchirante douleur,
Les yeux pleins de pleurs, je sortis de ma torpeur.
Elle restait là ! immobile devant mes yeux,
Et je croyais encore la voir dans le rayon tremblant de l'aurore.